vendredi 24 mars 2017

Frnck, tome 1 : Le début du commencement de Bosquet et Cossu



Le livre : 

Frnck, tome 1 : Le début du commencement de Bosquet et Cossu aux éditions Dupuis, 56 pages, 9 € 90. 
Publié le 17 mars 2017. 



Pourquoi cette lecture : 

Depuis plusieurs mois, je me suis vraiment remise à lire des BD et c'est un véritable plaisir. Je relis quelques titres et surtout je découvre des classiques ainsi que des nouveautés comme Frnck. 



Le pitch : 

Franck est un gamin de 13 ans qui vit dans un orphelinat depuis sa plus tendre enfance.
Un jour, alors qu'une énième famille est prête à l'adopter, la directrice laisse échapper que personne ne sait ce que sont devenus ses parents. Abasourdi par cette révélation, alors qu'il les croyait morts, Franck décide de fuguer et de retrouver sa famille.

Il commence sa quête à l'endroit précis où il a été trouvé. À l'époque une forêt, aujourd'hui un chantier pour un futur parc d'attractions préhistoriques sur le thème de la préhistoire. Sur place, Franck échappe de justesse aux crocs d'un molosse mais chute dans un étang, échappe de peu à la noyade et reprend conscience dans une grotte. 

Après avoir été pourchassé par un smilodon, fait prisonnier par une tribu d'Homo sapiens et servi d'appât pour un poisson géant, Franck se rend compte qu'il n'a pas atterri dans un parc aux effets spéciaux ultra-réalistes... Il est tombé dans une faille spatiotemporelle et est remonté jusqu'à la vraie préhistoire !


Ce que j'en pense : 

Voilà un début de saga qui promet et que j'ai dévoré en passant un excellent moment. J'ai aimé ce jeune garçon Frnck (Franck dans mes yeux car je n'arrivais pas à enlever la voyelle et c'est lors de la lecture de cet album que vous comprendrez pourquoi les voyelles sont absentes) qui est attachant, un peu boulet sur les bords, maladroit, inventif, bien dans son époque et ce qui lui arrive est donc un sacré bouleversement. Pensez donc !!! Se retrouver en pleine préhistoire en un claquement de doigt. 
Comment cela se fait ? On n'en sait rien, mais le cœur de l'histoire est ailleurs. Comment va-t-il s'en sortir le petit ? Ça oui, c'est du suspense car les dangers sont multiples et de taille. Pas un instant de répit ou presque. 

Ce premier tome pose les jalons et pourtant dès les premières planches, on est dans l'aventure. On ne perd pas un instant en tergiversations. L'entrée en matière est disons fracassante. Si, si ! 

C'est drôle, un fabuleux mélange des genres et des codes de la BD (belge, manga, comics) et cela prend. J'ai pas mal rigolé avec ces planches. Il est impayable ce Frnck ! 



Et s'il fallait mettre une note : 15 / 20 


mercredi 22 mars 2017

Le moine et le singe-roi d'Olivier Barde-Cabuçon




Le livre : 

Le moine et le singe-roi d'Olivier Barde-Cabuçon aux éditions Actes-Sud, collection Actes noirs, 336 pages, 22 € 50. 
Publié le 1er mars 2017. 


Pourquoi cette lecture : 

 Je suis une inconditionnelle des enquêtes du commissaire aux morts étranges depuis le début (la première) et j'ai la chance de connaître un peu l'auteur qui m'a fait très gentiment fait parvenir ce nouvel opus. 



Le pitch : 

Une jeune est retrouvée sauvagement assassinée dans les jardins du château de Versailles. Le commissaire aux morts étranges et son collaborateur le moine hérétique, de retour de Venise après une étape savoyarde (cf. Entretien avec le diable), entament une enquête sous la supervision directe de Louis XV et de la Pompadour. Une fois de plus, Olivier Barde-Cabuçon excelle à rendre tout le sel de l'époque, entre fascination de l'étrange, goût de la débauche et explosion des connaissances.



Ce que j'en pense : 

Un crime atroce survient dans un cadre où la réalité n'a pas lieu d'être puisque intégralement modelé par la main de l'homme, sur la volonté d'un souverain bâtisseur unique et dont le fantôme rôde pour toujours sur ce domaine royal. Tout est d'une force incroyable et qui nous happe d'emblée. 

L'entrée de Volnay et du moine en piste est majestueuse. J'oserais presque une comparaison avec une entrée martiale signée Dark Vador pour le commissaire aux morts étranges. (Une attitude, la force, le caractère, la rectitude). 
L'impertinence quasi immédiate du moine est rafraîchissante et vivifiante dans un monde où les faux semblants règnent en maîtres car tout y est factice, fabriqué, contrôlé.

Après cette nouvelle enquête sera l'occasion de renouer avec Paris, enfin surtout Versailles, des protagonistes dits secondaires alors que rien, ni personne n'est véritablement secondaire. C'est juste une question de point de vue et encore. 

Dans ce nouvel opus, bien des sujets abordés directement ou indirectement résonneront dans nos têtes comme étant très contemporains. Faut-il donc y voir une persistance des problèmes ou bien une incapacité à les résoudre pour l'Homme ? Par exemple la capacité de rendre responsable les "étrangers" des problèmes de violence ou de délinquance : Sartine parlera de la racaille transalpine. 
Il y a aussi les multiples références à l'état économique du royaume de France, ses problèmes de gouvernant, de responsables dignes et responsables... 
Que dire des inégalités sociales criantes ? De la misère qui grandit toujours plus, tout comme la richesse de certains privilégiés. 
Guère étonnant que le moine toujours en avance sur son temps sente déjà se lever une brise révolutionnaire, brise qui est bien tempétueuse dans son esprit éprit de liberté. Il ferait bien tomber quelques têtes, mais... 

On ne se révolte pas si aisément. Il y a tant de jeux de pouvoirs, de domination, de servitudes que briser ses chaînes n'est pas chose facile. 
Vous verrez que durant cette lecture, l'Homme est habile pour accroître son emprise sur les sujets plus faibles, réduire leurs marges de manœuvre au point peut-être de se ferrer lui-même. 

Les relations homme-femme seront aussi abordées avec là encore des jeux, des abus de pouvoirs, de la lassitude, de la routine, des hésitations, des incompréhensions, des non-dits... 
Des notions de féminisme avant l'heure seraient à relever. 

Globalement et comme toujours, le décor est merveilleusement posé. On vit l'intrigue, on est transporté au XVIII ème. 
Les psycho-rigides maniaco-historiques dont je fais partie, trouveront une erreur de filiation (à trois reprises au moins) qui leur fera dresser les cheveux sur la tête, mais si elle est dommageable historiquement, elle n'est en rien gênante pour l'intrigue. De plus et pour rassurer ces personnes, je sais de source sûre (l'auteur lui-même en fait) qu'elles seront corrigées pour les versions de poche. Ouf, on peut respirer, et ronger son frein car la suite des aventures du moine et du commissaire aux morts étranges, ce sera dans un an. Cela va être long, mais long... 




Et s'il fallait mettre une note : 17 / 20 


lundi 20 mars 2017

Article 353 du code pénal de Tanguy Viel




Le livre : 

Article 353 du code pénal de Tanguy Viel aux éditions de Minuit, 176 pages, 14 € 50. 
Publié le 3 janvier 2017. 



Pourquoi cette lecture : 

C'est mon homme qui a découvert ce livre, un peu par hasard. Il a beaucoup aimé et me l'a conseillé. 
Ensuite, les médias se sont mis à en parler de plus en plus. 
J'ai pris un peu mon temps, mais je me suis assez vite lancée pour ne pas qu'il soit enfoui dans ma PAL monstrueuse. 



Le pitch : 

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec. Il faut dire que la tentation est grande d'investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer. 
Encore faut-il qu'il soit construit.



Ce que j'en pense : 

Je pourrais vous dire que dans cette lecture, il n'y a aucun suspens. On connaît le coupable immédiatement, idem pour la victime. Oui, mais ce serait aller un peu vite en besogne et surtout ce serait réducteur pour ce roman qui n'est d'ailleurs pas un polar. 

Le narrateur sera le "meurtrier" avec quelques interventions du juge qui l'entend juste après son interpellation qui fut rapide car Kermeur Martial n'a pas cherché à se cacher, ni même de se soustraire de quelques façons à la justice. Son ton, sa voix aurais-je envie de dire peut surprendre un peu au début et puis, très vite, on plonge dans sa narration qui remonte loin dans le temps (quelques années avant le drame, le dernier ?) pour que tout soit bien clair. 
Martial Kermeur, c'est un homme simple, avec juste ce qu'il faut comme instruction. C'est aussi un père touché dans sa chair. C'est un français moyen, banal pourrait-on dire. 

Le juge est la représentation de la justice, un univers complexe, assez éloigné de tout ce que connaît Kermeur qui a pourtant déjà eu affaire à elle indirectement. Il est sage, attentif comme on voudrait que cela soit. D'ailleurs, on se met volontiers dans sa peu à ce juge car comme lui, on écoute le récit de Kermeur. On l'aide à trouver les mots justes, on veut comprendre ce qui s'est passé, sa vie, son drame le plus important...

La "victime", on a de moins en moins de compassion pour elle déjà que... Certes, c'était un homme, mais quel homme ?! 
Et puis, il y a les autres personnages qui apparaissent, qui donnent du corps à cette histoire presque trop banale. 

Ce livre se découvre, se dévore, vous laissera des traces car même si tous ces faits fictifs remontent à la fin des années 90, c'est tellement criant de véracité que l'on ne peut pas rester de marbre. 

Attention avis de tempête, pour votre prochaine lecture, dans vos neurones. 



Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20 

vendredi 17 mars 2017

Prends-moi pour une cruche. Guide de survie de la femme en milieu débile de Delphine Apiou



Le livre : 

Prends-moi pour une cruche. Guide de survie de la femme en milieu débile de Delphine Apiou aux éditions Robert Laffont, 139 pages, 10 € 90. 
Publié le 8 mars 2017. 



Pourquoi cette lecture : 

Il s'agit d'un partenariat avec les éditions Robert Laffont. 



Le pitch : 

Ce livre est né chez le coiffeur. " Vous avez les pointes sèches, on va faire un masque... Les cheveux aussi ressentent le stress, vous savez... Avec les vies de fous qu'on mène... En tout cas, vous ne faites pas votre âge ! " Ce compliment capillo-facial m'a fait vraiment plaisir... jusqu'à ce que je réalise que la coiffeuse – que je voyais pour la première fois – ne connaissait pas mon âge. Et là, bingo, je me suis demandé pourquoi ça me réjouissait et pourquoi c'était mieux de ne pas faire son âge. 
J'ai trouvé ça complètement con. Je me suis trouvée complètement con. Puis je me suis dit qu'il devait exister d'autres situations, d'autres idées débiles, d'autres panneaux dans lesquels je tombais. J'en ai trouvé plein, ils sont tous dans ce livre. Pourquoi ? Pour dire aux femmes d'arrêter de gober toutes les âneries qu'on leur raconte. Elles s'en sentiront beaucoup mieux.



Ce que j'en pense : 

Ce livre sort pour la journée de la femme (le 8 mars), c'est plutôt une bonne date vu son contenu, mais j'aimerais que le lectorat ne soit pas exclusivement féminin. Qu'il y ait au moins un petit pourcentage de lecteurs. D'ailleurs rassurez-vous messieurs, si le texte n'est pas toujours tendre avec vous, je suis d'accord avec l'auteur qui dès ses préfaces sérieuses et plus légères suggère que le pire ennemi de la femme est parfois, voir souvent la femme elle-même. Bah, on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même non ?! 

Au fil des règles d'or imaginées par Delphine Apiou, on passe par plusieurs émotions ou constats de faits : on est atterré, blasé, motivé, avec des envies de se rebiffer, on s'amuse aussi beaucoup... 
L'humour permet de faire passer tant de messages ! Les propos sont parfois légers, mais les problèmes bien réels, parfois graves (chiffres, statistiques et autres données sérieuses citées quand le besoin d'illustrer le propos se fait sentir).

On s'aperçoit alors que nous aussi, on s'est fait prendre au piège plus d'une fois, comme l'auteur sur des thématiques fort heureusement légères le plus souvent. 
Rien d'étonnant, je suis une femme moi aussi, du même âge à quelques mois près que l'auteur, avec des expériences forcément assez similaires... Du coup, on est fréquemment dans l'autodérision et c'est agréable quand on a de l'humour. 

On terminera cette lecture avec des nouvelles règles d'or à trouver, à inventer, à préciser, à personnaliser... C'est incroyablement bien vu pour que les lectrices (et les quelques lecteurs possibles) puissent définitivement s'approprier ce livre et pourquoi pas tenter de faire amies-amies avec celles qui nous aiment (trop ou pas assez). 




Et s'il fallait mettre une note : 13 / 20 


mercredi 15 mars 2017

Le Spirou de Schwartz et Yann, tome 2 : Le maître des hosties noires de Schwartz et Yann



Le livre : 

Le Spirou de Schwartz et Yann, tome 2 : Le maître des hosties noires de Schwartz et Yann aux éditions Dupuis, 64 pages, 14 € 50. 
Publié le 20 janvier 2017. 



Pourquoi cette lecture :

Mon homme est un fan des aventures de Spirou et il essaie de me transmettre le virus en me faisant découvrir toutes les variantes disponibles en terme d'adaptation autour de ce personnage que tout le monde reconnaît au premier coup d'œil. 



Le pitch : 

La suite (et fin) de "La femme-léopard" ! Spirou et Fantasio (et Spip) ont décidé d'accompagner Aniota au Congo pour rapporter le fétiche à la tribu des femmes-léopards. Sur leur route, ils croiseront une reporter très sexy de Life, un missionnaire liégeois qui parcourt le pays avec ses films éducatifs de Pili-Pili et Mata-Mata (les Laurel et Hardy africains), des savants atomistes pas encore tout à fait dénazifiés, et des tas d'animaux sauvages. 
Ils devront également affronter leur vieil ennemi, le colonel Von Knochen, un président indépendantiste d'opérette qui veut atomiser Bruxelles et le plus redoutable féticheur du continent et ses robots-gorilles. Un voyage mouvementé, une aventure trépidante et une plongée pleine de nostalgie dans ce qui constituait la "10e province" belge...



Ce que j'en pense : 

Cette aventure est en réalité moins indépendante que d'autres car c'est véritablement la suite d'un autre album intitulé "La femme léopard". J'avoue ne pas l'avoir lu donc il me manque quelques clefs et puis je reste une novice totale avec ces protagonistes, même Spirou que j'ai lu certes une fois, mais dans une autre adaptation plus contemporaine. 

Ce qui m'a immédiatement frappé dans cet opus, c'est l'incroyable ressemblance avec des passages de "Tintin au Congo" et en même temps une certaine distance. Paradoxale ? Pas tout à fait. C'est bien l'Afrique coloniale d'après guerre dans les deux cas. Il y a de l'humour aussi et c'est par ce biais là que certains sujets plus graves sont abordés. Il y a des tonnes de clichés, mais ce n'est pas grave car tout est cliché en fait.  

Je note aussi que la documentation de base fut certainement conséquente car cet album fourmille de détails amusants, surprenants, mais bien réels. La fiction est souvent dépassée par la réalité, c'est bien connu. 

J'ai été en revanche assez surprise de trouver un Spirou si "transparent", sans relief, avec peu de caractère face aux autres personnages. Je ne m'attendais pas à cela. Ceci étant dit, l'intrigue n'en souffre pas le moins du monde. Cet album se lit avec facilité et possède vraiment une saveur d'une autre époque que j'ai grandement apprécié. Je ne sais pas ce qu'en penseront des lecteurs plus jeunes, avec moins de recul, mais comme l'ensemble est drôle, cela devrait plaire à toutes les générations. 


Et s'il fallait mettre une note : 14 / 20 


lundi 13 mars 2017

Le Montespan de Jean Teulé


Le livre : 

Le Montespan de Jean Teulé aux éditions Julliard, 333 pages, 20 € 50. 
Publié le 6 mars 2008.



Pourquoi cette lecture : 

Ce livre était dans ma PAL depuis sa sortie ou presque. 
J'ai vu la série "Versailles" sur My CANALPLAY et je suis un peu retombée dans le bain.... 



Le pitch : 

Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable. Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune. C'était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan. Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose. Dès qu'il eut connaissance de son infortune, il orna son carrosse de cornes gigantesques et entreprit de mener une guerre impitoyable contre l'homme qui profanait une union si parfaite. Refusant les honneurs et les prébendes, indifférent aux menaces répétées, aux procès en tous genres, aux emprisonnements, à la ruine, aux tentatives d'assassinat, il poursuivit de sa haine l'homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme. Il fallait le talent et La verve de Jean Teulé pour rendre hommage à cet oublié de l'Histoire - personnage hors du commun - qui, l'un des tout premiers, osa affronter à visage découvert le pouvoir absolu de son époque.



Ce que j'en pense : 

Je connais déjà la plume de Jean Teulé et c'est avec un grand plaisir que j'ai plongé dans cette lecture, une biographie romancée d'un des maris cocus les plus célèbres de France. 
Oh il ne fut pas le seul, mais il ne s'est point résigné à son sort et s'est rebellé plus que de raison le bougre. Il en est résulté de bien plus fâcheuses conséquences alors pour lui et d'autres... 

Il est intéressant que le livre porte plus sur le mari donc que sur l'une des favorites les plus connues du Roi-Soleil. On n'en entend si peu parler ou alors rien de bien neuf sous le soleil. Là c'est plutôt tout le contraire et j'apprécie les recherches de l'auteur. Il nous dévoile cette période assez documentée par un autre pan. On y est plongé dedans et ce n'est pas si reluisant que cela, voir même franchement écœurant à plus d'un titre (mentalités, mœurs, hygiène...). 

C'est le XVII ème, je le maîtrise moins bien que le siècle suivant, mais ce qui m'a frappé, c'est essentiellement le côté moderne et si contemporain de cette histoire. 
Pour des richesses, pour une reconnaissance sociale, pour un éclat, on est prêt à tout. Et quand les fastes d'une vie en or s'éloignent, quand la disgrâce arrive avec l'oublie, quand on est piétiné par même la chaire de sa chaire, on repense au bonheur passé/perdu, aux choses plus tangibles, plus vraies, plus belles que l'on a connu, que l'on a voulu oublier pour se perdre dans une quête n'ayant ni queue ni tête. Et oui, l'essentiel de la vie revient toujours un jour...

J'ai trouvé que ce livre était un hymne à l'amour. Le beau, le passionné, celui qui rend fou, idiot, téméraire, inconscient, malade, ridicule... 
le style est parfait, recherché, avec tout ce qu'il faut pour que le lecteur oublie qui il est, où il est, à quelle époque il vit. 
C'est drôle et tragique, rythmé, enlevé. Impossible de s'ennuyer. 

Découvrez-le si ce n'est pas déjà fait. 



Et s'il fallait mettre une note : 16 / 20 


vendredi 10 mars 2017

Rose, tome 1 : Double d'Emilie Alibert, de Valerie Vernay et Denis Lapière



Le livre : 

Rose, tome 1 : Double d'Emilie Alibert, de Valerie Vernay et Denis Lapière aux éditions Dupuis, 48 pages, 12 € 00
Publié le 20 janvier 2017. 



Pourquoi cette lecture : 

Pour son pitch et ses dessins même si... 




Le pitch : 

Jeune fille discrète, Rose a un secret : elle a le pouvoir de se dédoubler ! Son esprit peut quitter son corps et pénétrer dans les appartements pour regarder vivre les gens. Ce don, elle ne le comprend pas. Elle l'appelle "sa maladie". Elle n'a jamais réussi à en parler : ni à sa mère, morte après sa naissance, ni à son père, devenu détective privé à la mort de sa femme. Un jour, tout bascule : son père est abattu d'une balle dans la tête ! Rose décide alors de reprendre l'affaire de son père pour découvrir son assassin. 
Enfin, son pouvoir va lui être utile ! Mais son double va faire une rencontre étonnante : celle de 3 fantômes qui vivent, coincés par un envoûtement, dans l'immeuble paternel. Et ils en savent long sur l'histoire familiale. Détective malgré elle, Rose va devoir enquêter sur des morts suspectes liées à un tableau célèbre mais aussi sur une malédiction vieille de 500 ans. Et si la clé de ces énigmes se trouvait dans le secret de sa naissance ?



Ce que j'en pense : 

Un petit soupçon d'extraordinaire dans beaucoup d'ordinaire, c'est la vie de Rose qui possède un bien étrange pouvoir : elle peut se dédoubler. 
J'aime ce subtil dosage entre ce qui est tout à fait plausible et ce qui l'est nettement moins. Et surtout j'aime le mystère qui s'épaissit car ce n'est que le premier volume de ce qui sera une trilogie. 

L'intrigue est bien menée et cela monte, monte crescendo (le suspens) jusqu'à ce que l'on arrive au final de cet album et que l'on reste sur notre faim. Arg !!!! Dur, mais tellement bien fait aussi que l'on pardonnera... En lisant la suite quand elle sera disponible pour septembre prochain nous promettons. 

Les graphismes ne sont pas du genre que je préfère en général, mais là je me suis laissée convaincre par les couleurs, le rythme (fausse lenteur), la gestuelle... Il y a indéniablement un ingrédient mystère dans cette BD. Cela nous happe. 

Les silences prennent une place importante ici. Ils laissent vagabonder nos esprits de lecteurs et je vous pris de croire que cela mouline dur dans nos caboches. 
On est envoûté par un je ne sais quoi. 


Et s'il fallait mettre une note : 14 / 20